Comment faire pour récupérer ma part de l'argent et de la maison si mon ex refuse de signer le divorce ?

Juridiction: France • Domaine du droit: Droit de la famille • Rédacteur responsable: Cong Ho• Publié le 3 novembre 2026

En bref

Oui, le juge peut intervenir pour trancher votre litige. Si votre mari refuse de signer le divorce ou de partager les biens, vous pouvez demander au juge de décider du sort de la maison et de l'épargne à votre place.

La situation

Je vis en France et je suis dans une situation vraiment compliquée depuis que j'ai décidé de quitter mon mari en janvier dernier. Nous sommes mariés sous le régime de la communauté, donc tout ce qu'on a acheté ensemble appartient aux deux. On possède une maison qui vaut environ 350 000 euros et nous avons un compte épargne commun avec 45 000 euros dessus. Malheureusement, le divorce ne se fait pas à l'amiable du tout. Mon ex-conjoint refuse catégoriquement de se mettre d'accord sur le partage de nos biens et il bloque toutes les discussions avec le notaire. On essaie de discuter depuis six mois, mais il ne veut rien lâcher sur la maison et il refuse même de signer quoi que ce soit pour avancer. J'ai déjà contacté un notaire qui a préparé un premier projet, mais ça n'a servi à rien car mon mari fait la sourde oreille. Je me demande maintenant comment je peux faire pour que la justice intervienne pour forcer le partage de notre argent et décider qui garde la maison ou comment on la vend. Est-ce que le juge peut décider de tout à notre place pour régler nos comptes si on n'arrive vraiment pas à s'entendre ?

Analyse détaillée

Puisque votre mari refuse de coopérer malgré l'intervention du notaire, vous ne pouvez plus procéder par un divorce par consentement mutuel, car ce mode nécessite un accord total sur les conséquences du divorce[3].

Dans votre situation, vous devez vous tourner vers une procédure de divorce contentieux où un juge tranchera les désaccords. La loi prévoit que « le juge statue sur leurs demandes de maintien dans l'indivision, d'attribution préférentielle et d'avance sur part de communauté ou de biens indivis »[1]. Cela signifie que le juge peut décider, par exemple, que vous gardez la maison en échange d'une somme d'argent versée à votre mari, ou ordonner la vente de la maison pour partager l'argent.

Pour que le juge puisse régler vos comptes concernant la maison de 350 000 euros et les 45 000 euros d'épargne, vous devez prouver qu'il existe un désaccord réel. Le juge pourra statuer « sur les demandes de liquidation et de partage des intérêts patrimoniaux [...] s'il est justifié par tous moyens des désaccords subsistant entre les parties »[1]. Le projet de partage déjà préparé par votre notaire est un élément crucial pour prouver ce blocage.

L'indivision (le fait que vous possédiez des biens ensemble) peut être résolue par un partage judiciaire si l'un des deux refuse le partage amiable[2]. Le juge a le pouvoir de liquider vos intérêts patrimoniaux (votre patrimoine, c'est-à-dire l'ensemble de vos biens et dettes) pour que chacun reçoive sa part légale.

Notez que des règles spécifiques de procédure civile s'appliquent pour la manière dont ces demandes sont présentées au tribunal. Les lois locales ou les spécificités de votre contrat de mariage pourraient également influencer les modalités exactes du partage.

Textes de loi cités

Texte cité : Code civil, art. Code civil, art. 267 — Paragraphe 2 : Des conséquences propres aux divorces autres que par consentement mutuel.
"A défaut d'un règlement conventionnel par les époux, le juge statue sur leurs demandes de maintien dans l'indivision, d'attribution préférentielle et d'avance sur part de communauté ou de biens indivis. Il statue sur les demandes de liquidation et de partage des intérêts patrimoniaux [...] s'il est justifié par tous moyens des désaccords subsistant entre les parties"
Voir le texte officiel →
Texte cité : Code civil (successions et libéralités, art. 720–892), art. Code civil, art. 840 — Sous-section 3 : Du partage judiciaire.
"S'agissant du partage, lorsque l'un des indivisaires refuse de consentir au partage amiable"
Voir le texte officiel →
Texte cité : Code civil, art. Code civil, art. 229-3 — Paragraphe 1 : Du divorce par consentement mutuel par acte sous signature privée contresigné par avocats, déposé au rang des minutes d'un notaire
"Le consentement au divorce et à ses effets ne se présume pas."
Voir le texte officiel →

Avertissement important

Informations juridiques générales, et non un conseil juridique. Les informations publiées sur LawAsked ne constituent pas un conseil juridique et ne créent aucune relation entre un avocat et son client. Si vous avez besoin d'aide, consultez un avocat inscrit au barreau de votre juridiction.

Vous vivez une situation semblable ?

Posez votre question sur votre cas précis à l'application AI Lawyer.

Questions liées